Le 6 septembre 2026, Kimi Antonelli s’élance dix-neuvième au Grand Prix d’Italie et le remporte. Il est le premier Italien à gagner à Monza depuis 1966, quand Ludovico Scarfiotti y était parvenu avec Ferrari. Deux ans plus tôt, pour ses débuts lors d’un week-end de Formule 1, il avait fini ici dans les barrières de la Parabolica au bout de quelques minutes d’essais libres.
On a tendance à voir le circuit de Monza, l’Autodromo Nazionale di Monza, comme un monument : le temple de la vitesse, la piste des records, le lieu des légendes. Je le vois autrement. Monza est un circuit qui produit encore de nouvelles histoires, et donc du public : en 2026, le Grand Prix d’Italie a dépassé pour la première fois les 400 000 spectateurs, nouveau record après les 369 041 de 2025. Ce n’est pas ainsi qu’un monument se remplit.
En bref
- La piste de Monza mesure 5,793 kilomètres et compte 11 virages.
- Elle a été construite en 1922 en 110 jours, et l’autodrome se présente comme le troisième circuit permanent au monde, après Brooklands et Indianapolis.
- Elle accueille le Grand Prix d’Italie de Formule 1 chaque année depuis 1950, sauf en 1980, et son contrat avec la Formule 1 court au moins jusqu’en 2031.
- En 2024, elle a été rénovée pour 21 millions d’euros : asphalte, vibreurs et passages souterrains.
Les origines : un circuit construit en 110 jours
L’autodrome naît d’une décision de l’Automobile Club de Milan, qui veut célébrer en janvier 1922 ses vingt-cinq premières années avec une piste. Les travaux commencent au printemps et durent 110 jours : le circuit est inauguré le 3 septembre 1922 et accueille le 10 septembre le deuxième Grand Prix d’Italie de l’histoire. L’autodrome se présente comme le troisième circuit permanent au monde, après Brooklands au Royaume-Uni et Indianapolis aux États-Unis.
La piste se trouve dans le parc de la Villa Royale, l’un des plus grands parcs clos de murs d’Europe, ce qui explique beaucoup de son caractère : de longues lignes droites entre les arbres et, les jours de Grand Prix, une ambiance plus proche de la fête populaire que du stade.
Le tracé de 1922 comportait déjà un anneau de vitesse avec deux virages relevés, démolis en 1938 ; en 1955, un nouvel anneau est construit, en béton armé. La Formule 1 l’utilise lors des Grands Prix de 1955, 1956, 1960 et 1961, puis l’abandonne car les vitesses sont jugées trop dangereuses. Les virages relevés sont restés dans le parc, un morceau d’histoire que l’on voit encore en se promenant autour de la piste.
Le tracé : 5,793 kilomètres et onze virages
Le circuit de Monza mesure 5,793 kilomètres et compte 11 virages, mais les vrais points de freinage sont peu nombreux. C’est pourquoi on l’appelle le temple de la vitesse : sur la majeure partie du tour, les monoplaces sont à fond, et tout l’enjeu consiste à freiner fort dans les chicanes sans perdre de vitesse dans les lignes droites.
Contrairement à beaucoup de circuits modernes, à Monza les virages ont encore un nom et pas seulement un numéro :
- Prima Variante : la chicane au bout de la ligne droite de départ, introduite en 1972 et modifiée à plusieurs reprises.
- Curva Grande (officiellement Curva Biassono depuis 1972) : la longue courbe à droite qui se passe à fond.
- Variante della Roggia (officiellement Seconda Variante) : la deuxième chicane, introduite en 1976.
- Lesmo 1 et Lesmo 2 : les deux virages à droite dans le bois ; le premier s’appelait Curva delle Querce jusqu’en 1927.
- Variante Ascari : dédiée à Alberto Ascari, mort dans un accident sur cette piste en 1955.
- Parabolica : le grand virage à droite avant l’arrivée, aujourd’hui officiellement dédié à Michele Alboreto.
Les courses qui ont fait l’histoire de Monza
Chaque circuit historique a ses archives de grandes courses. Celles de Monza comptent trois pages qui, à mon avis, expliquent le lieu mieux que n’importe quel classement.
1971, l’arrivée la plus serrée. Peter Gethin, au volant d’une BRM, passe de la quatrième à la première place dans le dernier tour et s’impose avec un centième de seconde d’avance sur Ronnie Peterson. Les cinq premiers franchissent la ligne en soixante et un centièmes. Avec le chronométrage de l’époque, au centième, personne ne peut dire s’il s’agit vraiment de l’arrivée la plus serrée de l’histoire de la Formule 1, mais c’est certainement la plus groupée.
2008, la surprise de Faenza. Sous la pluie, Sebastian Vettel gagne depuis la pole position avec Toro Rosso, l’écurie basée à Faenza. Il a 21 ans et devient, à ce moment-là, le plus jeune vainqueur d’un Grand Prix.
2026, la remontée d’Antonelli. Kimi Antonelli, qui deviendra champion du monde cette saison-là, part dix-neuvième à cause d’une pénalité sur le groupe propulseur et gagne devant George Russell et Max Verstappen. Aucun Italien n’avait gagné à Monza depuis soixante ans.
La rénovation de 2024 et le contrat jusqu’en 2031
Pour rester au calendrier, Monza a dû se renouveler. Le 8 janvier 2024 démarrent des travaux d’environ 21 millions d’euros : asphalte entièrement refait, vibreurs remplacés selon les normes de la FIA, passages souterrains démolis et reconstruits et un nouveau passage souterrain pour les visiteurs. La piste est livrée le 27 juin, en avance sur le délai fixé par la fédération.
Quelques mois plus tard, en novembre 2024, la Formule 1 et l’Automobile Club d’Italia signent la prolongation : le Grand Prix d’Italie restera à Monza au moins jusqu’en 2031. Dans le calendrier 2027, Monza accueille de nouveau une course Sprint. La preuve que Monza ne vit pas que de nostalgie.
Pourquoi Monza compte pour un sponsor
Du point de vue de ceux qui investissent dans le sport automobile, Monza a trois arguments.
- Le public. En 2026, le Grand Prix d’Italie, complet avant le week-end, a dépassé les 400 000 spectateurs (369 041 en 2025) : c’est l’un des événements sportifs les plus fréquentés du pays.
- Le nom sur le Grand Prix. En 2026, la course s’appelait Formula 1 Pirelli Gran Premio d’Italia : le sponsor titre était une entreprise italienne qui fournit aussi les pneus à tout le championnat.
- Le marché. Pour une marque qui veut s’adresser à l’Italie, et aux clients qu’elle y emmène, le week-end de Monza concentre en quelques jours l’hospitalité, les médias nationaux et un public qui suit la Formule 1 comme peu d’autres.
D’après mon expérience, une règle simple s’applique à Monza plus qu’ailleurs : l’hospitalité porte ses fruits quand elle est construite autour des bons clients, pas quand elle est distribuée comme une récompense. Le paddock de Monza est l’un des plus demandés de l’année, et les meilleures places se décident des mois à l’avance. Nous expliquons comment fonctionne l’accès au sponsoring en Formule 1 sur la page dédiée.
Vivre un week-end de course à Monza
Celui qui va à Monza pour la première fois a trois façons de suivre le Grand Prix.
- Le billet pelouse, le moins cher, permet de circuler entre les zones sans place attribuée et de choisir d’où regarder la course, séance après séance.
- La tribune garantit une place fixe, avec vue sur une portion précise : la ligne droite de départ, la Prima Variante, la Parabolica.
- L’hospitalité, avec accès à des espaces réservés, est le choix de ceux qui vont à Monza pour le travail, avec des clients ou des partenaires.
Quelques conseils pratiques, valables pour toutes les options : acheter son billet longtemps à l’avance, arriver tôt le matin, porter des chaussures confortables car le parc est grand et les distances entre les tribunes sont longues, prévoir des protections auditives et un imperméable même si la météo annonce du soleil.
Monza n’est pas un musée. C’est un circuit qui, plus de cent ans après, sait encore surprendre. Comme en 2026.
Questions fréquentes sur le circuit de Monza
Quelle est la longueur du circuit de Monza ?
Le tracé de l’Autodromo Nazionale di Monza utilisé par la Formule 1 mesure 5,793 kilomètres et compte 11 virages. Les principaux sont la Prima Variante, la Curva Grande, la Variante della Roggia, les deux virages de Lesmo, la Variante Ascari et la Parabolica, aujourd’hui dédiée à Michele Alboreto.
Quand le circuit de Monza a-t-il été construit ?
En 1922, en 110 jours, à l’initiative de l’Automobile Club de Milan. Il a été inauguré le 3 septembre 1922 et il est considéré comme le troisième circuit permanent construit au monde, après Brooklands et Indianapolis.
Pourquoi Monza est-il appelé le temple de la vitesse ?
Parce que, sur la majeure partie du tour, les monoplaces roulent à fond : le tracé alterne de longues lignes droites et quelques gros freinages dans les chicanes. Le circuit a aussi eu un anneau de vitesse avec des virages relevés (celui que l’on voit aujourd’hui date de 1955), utilisé par la Formule 1 jusqu’en 1961.
Jusqu'à quand la Formule 1 courra-t-elle à Monza ?
Au moins jusqu’en 2031. La prolongation entre la Formule 1 et l’Automobile Club d’Italia a été signée en novembre 2024, après des travaux d’environ 21 millions d’euros qui ont renouvelé l’asphalte, les vibreurs et les passages souterrains.
Qui a gagné le Grand Prix d'Italie 2026 ?
Kimi Antonelli, avec Mercedes, parti dix-neuvième à cause d’une pénalité. Il a devancé George Russell et Max Verstappen et il est devenu le premier Italien à gagner à Monza depuis 1966, année de la victoire de Ludovico Scarfiotti avec Ferrari.
Combien de spectateurs assistent au Grand Prix d'Italie à Monza ?
En 2026, le Grand Prix d’Italie, complet avant le week-end, a dépassé pour la première fois les 400 000 spectateurs, battant le record de 369 041 établi en 2025.